C’est un choix inattendu que les responsables des Musicales des Coteaux de Gimone Alain et Katia Salomon ont fait en sortant des sentiers battus des concerts de musique classique. Pour commémorer le centenaire de la naissance de Billie Holiday, chanteuse de jazz américaine, célèbre pour son charme et sa voix chaleureuse (mais aussi par sa vie dissolue) imitée par nombre de crooners, ils ont réunis au Préau un trio de jazz et un quatuor à cordes. Le trio de jazz était composé de Vincent Lê Quang, saxophones, Bruno Ruder, piano et Thibaud Soulas, contrebasse de grande réputation régionale, et même au-delà ; et le quatuor Eleonora d’Elsa Moati et Thomas Lefort au violon, d’Hélène Hadjlyissermis à l’alto et d’Eric Tinkerhess au violoncelle. Cet assemblage musical insolite n’était pas sans rappeler ces formations qui accompagnaient Billie Holiday à la fin de sa courte carrière. Certes la voix de cette dernière manquait, mais les balades de son répertoire entrecoupées d’improvisations restituaient une ambiance appréciée de tous les spectateurs. Tous ? Non ! Un inconditionnel de Billie élevait sa voix pour réclamer des morceaux plus proches de la célèbre chanteuse. Cette revendication était tout à fait acceptable. La critique suivante, plus nuancée autant que déplacée, portait sur la partie technique des compositions. De fait, même si l’enthousiasme du public était unanime sur ce concert exceptionnel, d’aucuns reconnaissaient leur difficulté à adhérer aux improvisations des musiciens chez qui la performance technique semble prendre le pas sur l’émotion que suscite généralement la musique. La musique, un domaine si ouvert…, qui demande à l’esprit de l’être aussi !