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Dans le cadre du festival « Eclats de Voix »

 

Airs et duos de Massenet, Offenbach, Isouard, Silver,Serpette, Lecocq, Viardot…

Spectacle lyrique autour des contes de fées à l’époque romantique.

Pauline Texier, soprano; Caroline Meng mezzo – soprano

 

Quatuor I Giardini

 

avec David Violi, piano – Pauline Buet , violoncelle

Liana Gourdjia, violon – Hélène Maréchaux, alto

 

Une production du Palazzetto Bru Zane (Venise)

Le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du grand XIXe siècle (1780-1920), en lui assurant le rayonnement qu’il mérite et qui lui fait encore défaut.

 

site Internet I Giardini

 

Chronique dans Télérama:

La féerie des compositeurs du XIXe, tels Offenbach, Rossini ou Toulmouche, fil de cet opéra imaginaire à deux voix, cocasse et débordant de charme.

Voilà un disque délicieux, une friandise musicale à faire fondre par les oreilles les esprits les plus rétifs à l’univers du merveilleux. On le doit une fois encore au très prolifique Centre de musique romantique française du Palazzetto Bru Zane. Lequel a repris le principe du récital-spectacle Au pays où se fait la guerre (interprété par Isabelle Druet et le même Quatuor Giardini, lire Télérama no 3387), pour construire cet « opéra imaginaire » constitué d’airs d’opérette transcrits pour quatuor piano et cordes. A priori, rien à voir entre les mondes des très connus Jacques Offenbach, Gioacchino Rossini ou Jules Massenet et ceux des bien plus discrets (voire totalement oubliés) Charles Silver, Laurent de Rillé (délicieux duo extrait de son Petit Poucet), Nicolas Isouard, Frédéric Toulmouche (savoureuse ode au flirt tirée de La Saint-Valentin) et Gaston Serpette. Rien, sauf la thématique de la féerie, retricotée par Alexandre Dratwicki, l’auteur des arrangements, en « conte universel » débordant de charme et de drôlerie. Y interviennent une reine dépitée, un prince velléitaire, une future princesse ingénue, une fée bienveillante (douée de parole par la chanteuse et compositrice Pauline Viardot), deux soeurs un peu trop sûres de leur séduction… et une demoiselle du téléphone aux con-seils croquignolets (« Si vous aimez n’en dites rien/on vous aimera davantage »).

L’une des meilleures idées de cet album joliment illustré (par Delphine Jacquot), c’est d’avoir distribué les rôles à deux jeunes chanteuses talentueuses, à la diction soignée et aux timbres et tempéraments très complémentaires, l’un solaire, l’autre lunaire. Au soprano frais et clair de Jodie Devos répond ainsi le mezzo-soprano plus sombre et chaleureux de Caroline Meng. Teintés de malice, leurs duos fonctionnent particulièrement bien, la mezzo se chargeant, comme il est d’usage, des rôles masculins. Leurs voix fusionnent en douceur avec celles des cordes et du piano, les instruments reprenant parfois l’avantage pour quelques pièces purement instrumentales (d’Ernest Chausson, Marie-Joseph-Alexandre Déodat de Séverac et Florent Schmitt), qui ajoutent leur propre note d’humeur et parachèvent ainsi la réussite de ce conte musical transformiste. — Sophie Bourdais